Le 16 janvier 2026, les étudiant•es de LS1 & les LS2 qui le souhaitaient sont allé•es voir la mise en scène de Bérénice par Anne Kessler au théâtre de la Concorde.
Les deux classes avaient lu la pièce et, parce qu’elle offrait un prolongement intéressant au thème de culture antique cette année, « l’ailleurs », c’est la pièce de théâtre qui avait été étudiée en oeuvre complète en LS2.
Cette mise en scène offrait des trouvailles originales, comme le fait d’inverser l’espace scénique, où se trouvaient dès lors les spectateurs, assis sur des chaises, et les gradins, qui leur étaient normalement dévolus. En se servant de cet espace très verticalisé, la mise en scène mettait l’accent sur les hiérarchies mouvantes dans la pièce, sur des rapports de force en perpétuelle reconfiguration, notamment du fait de la circulation des pouvoirs. En effet, les personnages s’affrontent en opposant au pouvoir politique, dont Titus est le principal détenteur, d’autres formes de pouvoir, celui de l’amour, de l’amitié, de la plainte, du reproche.
La metteuse en scène avait opté pour le minimalisme dans ses décors, ses costumes mais aussi ses comédiens. Deux spectateurs se sont vu proposer de jouer (en comédiens d’un soir, heureusement muets) deux confidents absents de la distribution. Ils servaient aussi à évoquer sur la scène le personnage imposant, mais muet, de la pièce, Rome. En effet, ses désirs, pourtant informulés, suscitent de nombreuses conjectures et inquiétudes dans la pièce.
Ce minimalisme offrait un véritable écrin au texte de Racine, qu’on entendait ainsi parfaitement et sans être distrait•e par d’autres éléments, notamment visuels, qui auraient pu capter excessivement notre attention. Nous avons pourtant déploré, parfois, le jeu un peu trop hiératique des acteurs et le dépouillement du décor ou des costumes qui ôtaient un peu de leur grandeur aux personnages. En confrontant toutefois cette proposition à d’autres mises en scène vues en classe, les étudiant•es ont pu davantage sonder et mûrir leur conception de ce que peut être une représentation, mesurer sa dimension interprétative et réfléchir à ce qu’ils attendent d’une représentation d’un spectacle classique. Nul doute que cela leur permettra d’affiner leur conception du théâtre !