Les étudiant•es de LS1 & LS2 se rendaient pour la dernière fois de l’année au théâtre le 12 février. Cette fois, ils et elles étaient convié•es à découvrir un objet hybride, un roman (l’un des plus fameux de la littérature française) transformé en une pièce de théâtre elle-même augmentée par des arts plus récents comme la vidéo ou des références à des phénomènes contemporains comme la surexposition sur les réseaux sociaux.
La compagnie « Le hérisson bleu » a intitulé sa proposition artistique « roman-performance ». Il s’agissait en effet d’une performance dans tous les sens du terme. Il fallait tirer d’un roman volumineux, que les acteurs font entendre sur scène par le biais de lectures de passages assez développés, un spectacle qui mobilise autant notre vue que notre ouïe et nous fasse prendre conscience des résonances contemporaines de l’oeuvre.
En effet, ce qu’on découvre en regardant cette pièce, c’est le caractère tristement précurseur d’Emma. La « victime » des romans sentimentaux du 19ème siècle aurait également constitué une proie parfaite pour le culte de l’image dont souffre notre époque. L’actrice, par sa présence envoûtante, crève l’écran de la vidéo mais aussi la scène. D’emblée, elle minaude devant la caméra, cherche à séduire, tant les autres personnages que nous, les spectateurs et spectatrices, tandis que Charles avec sa naïveté désarmante, est incapable de prendre le bon angle, capturé en trop gros plan pour nous en imposer.
On rit, beaucoup, mais le chagrin nous étreint aussi devant la chute annoncée de cette femme qui voulait vivre aussi intensément que ses modèles. On s’émerveille aussi de l’inventivité d’une mise en scène qui multiplie les costumes, les personnages et les espaces scéniques en utilisant à très bon escient les possibilité d’un lieu, les artifices techniques et la plasticité de ses comédiens.
Bref, une compagnie à suivre et une expérience que nous espérons pouvoir renouveler !